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Mes expériences sportives

Mes expériences sportives

Courses à pied, tournois de Badminton & récits en tous genres


[02/07/2016] MONTAGN'HARD 60

Publié par David Gueudet sur 4 Juillet 2016, 07:25am

Catégories : #COURSE À PIED

Photos par Jérôme Verdier (à Tré la Tête)Photos par Jérôme Verdier (à Tré la Tête)

Photos par Jérôme Verdier (à Tré la Tête)

Le contexte

Ça y est, j'y suis ! Cela fait 8 mois et demi (depuis la mi-octobre) que je l'ai décidé, mon objectif de l'année 2016 est la Montagn'Hard ! Le jour de l'ouverture des inscriptions, j'ai cliqué et je me suis engagé pour cette course que l'on m'a dit très exigeante mais aussi superbe par son parcours, son organisation et sa géolocalisation. Évidemment, impossible pour moi d'essayer l'ultra, 107 kilomètres, 8800 mètres de dénivelé positif, deux jours de course à travers les montagnes, c'est injouable. Par contre, le plus petit format ne m'intéresse pas non plus. 37 ou 40 kilomètres pour un peu plus de 3000mD+, c'est déjà costaud mais je veux un gros défi. Je vais faire le déplacement en Haute-Savoie pour un court week-end, autant me mesurer à un peu plus dur... C'est donc sur le 60 kilomètres que mon choix s'est finalement porté. Sur un tracé bien différent, j'ai réussi à boucler 50 kilomètres en fin d'année 2015 donc la distance ne m'effraie pas tant que cela. Par contre, les 5000 mètres de dénivelé positif sont nettement plus significatifs... En gros, il s'agit de 60 kilomètres de montées et descentes de raides difficultés, oscillant entre 900 et 2100 mètres d'altitude.

Sur cette course, il m'est très difficile de me fixer un autre objectif que le simple fait d'être finisher. Je n'ai fait que deux courses en montagne jusque là, l'été dernier, sur des massifs bien moins importants (24km 850mD+ dans les Vosges et 31km 1295mD+ dans les Ardennes Belges). Outre le 50 kilomètre et les 2000mD+ du Trail du Viaduc des Fauvettes achevé en 6h22, ma plus grande distance parcourue n'est que de 35 kilomètres, au Trail du Josas en avril dernier. J'ai donc très peu d'expérience en la matière, c'est le premier véritable gros morceau auquel je m'attaque et ma préparation est loin d'être optimale.

En effet, en amont de la course, j'ai eu peu d'occasions de courir et de faire du dénivelé. J'ai participé à quelques courses et à quelques offs mais avec des distances modestes (maxi 35km) et des dénivelés de région parisienne. En revanche, mon volume d'activité physique reste assez important donc j'ai la forme. Pas mal de vélo quand la météo le permet, du Badminton régulièrement avec quelques tournois disputés et sur certains week-ends, des courses à pied, ne courant pas en dehors.

Enfin, le dernier mois précédent la Montagn'Hard a été un peu particulier. Toute fin mai, j'enchaîne un off très sympa à Chanteloup-en-Brie et les foulées de Noisy-le-Grand le lendemain, en approchant mon record personnel sur 10 kilomètres. 6 jours plus tard, je bats largement ce dernier sur les 10 Bornes de la Saint-Médard avant d'enchaîner le lendemain avec un tournoi de Badminton en double et le jour suivant avec un interclub amical. Là, 5 jours de gastro qui me mettent hors-service avant de reprendre le samedi 11 juin avec les 24,5 kilomètres du Castor Fou. Très chouette course mais je termine exténué avant de disputer le lendemain un tournoi de Badminton en double mixte.

Le week-end suivant, nouveau tournoi de Badminton en double hommes puis, à J-6 de la Montagn'Hard, une dernière compétition avec l'Oxy Trail qui me tient à coeur. Raisonnable, je ne me lance que sur le 13 kilomètres que je finis en 55 minutes, pile poil dans mon objectif haut de chrono. Clairement, je suis en forme. Mais que cela sera dur...

En bref, j'aborde cette course avec l'ambition d'en venir à bout, plus motivé que jamais mais non parfaitement préparé. Espérant terminer avant la tombée de la nuit, le départ étant donné à 7h00, je me suis fixé un objectif d'arriver entre 12 et 14 heures de course, sans savoir de quoi je suis capable sur ce type de course.

La veille de course

Vendredi 1er juillet, c'est le moment de partir en direction des Alpes. À 8h00, Frédéric (ashitaka sur Kikouroù) passe me chercher à Croissy-Beaubourg, accompagné de Benjamin. Nous partons avec sa voiture en direction de Saint-Nicolas-de-Véroce. Un trajet qui passe très bien et une arrivée sur place un peu avant 15h00.

Là, la vue est juste magnifique. Il fait entre 29 et 30 degrès, c'est très ensoleillé et nous avons face à nous le Mont-Blanc et le massif qui l'entoure. Le cadre est simplement génial.

[02/07/2016] MONTAGN'HARD 60[02/07/2016] MONTAGN'HARD 60

Peu après, c'est Ludovic (tourist80 sur Kikouroù) qui passe me récupérer à Saint-Nicolas pour m'emmener au petit studio qu'il a loué sur Saint-Gervais, à environ 6 kilomètres du lieu de course. Nous partageons ce logement pour les deux nuits que nous passons en Haute-Savoie. Là encore, le cadre est impeccable, avec une très belle vue, une piscine à proximité, accessible en journée et un petit appartement bien sympathique.

Une fois installés, nous repartons sur Saint-Nicolas pour aller récupérer nos dossards. Dans le même temps, je récupère aussi celui de Nicolas (nicou2000 sur Kikouroù) qui risque d'arriver trop tard pour le prendre ce vendredi soir. Le mien, c'est le 509. Malgré une inscription extrêmement rapide, je ne suis en effet que le dixième inscrit sur le 60 kilomètres. Mais non, nous ne sommes pas fous !

[02/07/2016] MONTAGN'HARD 60[02/07/2016] MONTAGN'HARD 60

À présent, c'est le moment de retrouver de nombreux membres de la communauté Kikouroù, certains parisiens que je connais déjà, d'autres que je croise pour la première fois et par ailleurs, des kikoureurs de tous les coins de France. Impossible de citer tout le monde tant le groupe est important. Petit passage au Coin du feu avant de monter au Schuss pour le repas. Là, une Pasta Party nous est réservée. Idéal ! Nous sommes près de 40 à table pour un régal en guise d'ultime préparation à la course du lendemain. Nous quittons les lieux vers 20h30 avec Ludovic pour retourner au logement, regarder Pays-de-Galles - Belgique à la télé et passer notre dernière nuit avant l'évènement tant attendu...

LA COURSE

Samedi 02 juillet, je me lève à 03h40 afin de me préparer avant de rejoindre le départ de la course en compagnie de Ludovic qui s'élance lui sur le 107 kilomètres. Je transmets son dossard à Nicolas et j'assiste au départ de la première course de la journée, la plus longue des trois distances proposées. Il est alors un poil plus de 5h00 du matin. Ensuite, de l'attente, un passage au petit-déjeuner proposé par l'organisation. J'y prends un thé et un morceau d'orange. Progressivement, l'on approche enfin du départ dont j'ai très hâte d'en être !

Niveau équipement, je suis prêt. J'ai aux pieds mes Salomon S-Lab achetées spécifiquement pour la Montagn'Hard. Malheureusement, les deux chaussures ont le mesh à l'avant de la chaussure bien abîmé, à la suite du Trail du Tacot Briard. Mais cela va le faire ! J'ai enfilé mon short collant court et mon tee-shirt du Trail du Josas. Dossard sur le ventre et casquette Kikouroù vissée sur la tête, évidemment. Et bien sur, le sac à eau sur le dos avec une charge bien plus importante qu'à l'accoutumée. À l'arrière, le matériel obligatoire imposé par l'organisation avec une couverture de survie, un sifflet, une lampe frontale et une bande de strap autocollant de 2 mètres à quoi s'ajoutent un collant long et mon coupe-vent imperméable. Dans les poches, j'ai 6 gels, une bouteille de Powerade, un gobelet et 2 litres d'eau, de quoi s'alimenter et s'hydrater durant la course.

07h02, après que ma puce ait été validée et que nous ayons écouté le briefing d'Olivier, organisateur de la course, nous voilà partis à l'aventure ! Je me suis positionné aux côtés de Frédéric pour partir en 4 ou 5ème ligne, dans la première partie du peloton d'un peu plus de 200 coureurs qui s'élance mais pas trop devant pour ne pas m'emballer d'entrée de jeu. La course va être très longue !

Partie 1 - Saint-Nicolas-de-Véroce - Les Toilles

Voilà, nous y sommes ! Nous nous élançons sur environ 500 mètres de bitume, le temps d'étirer un peu le peloton avant d'attaquer directement la première difficulté de la journée, le Déchappieu. D'entrée, la pente est raide. Après quelques minutes assez chaudes en température et partiellement ensoleillées, un premier orage éclate. Nous prenons très vite une première belle averse nous obligeant à mettre une couche sur le haut. Je mets donc mon coupe-vent pour me protéger de la pluie et du coup de froid qui l'accompagne. C'est donc une première montée assez pénible avant une descente toute aussi pentue et plutôt longue. Là, l'allure est plutôt bonne mais les cuisses travaillent déjà énormément pour me retenir.

Cette première descente est très directe, il n'est pas aisé d'y avoir un rythme cool. Les jambes sont encore toutes fraîches donc cela passe mais je sens bien que cela va être compliqué. Les chevilles, les genoux et surtout les cuisses, les muscles sont fortement sollicités. Contrairement à une très grande majorité des partants, je n'ai pas de bâtons, donc c'est bien mon corps, et surtout mes jambes, qui vont trinquer toute la journée. En bas de la descente, l'on passe le Pont du Nant, au kilomètre 7,5.

Deuxième montée de la course, plus courte, et une deuxième descente, sous une météo toujours aussi instable. Là encore, c'est raide et assez traumatisant pour les muscles. Mais ça y est, je suis bel et bien lancé sur cette Montagn'Hard 60 et voilà le premier point intermédiaire qui se profile. J'arrive aux Toilles à 08h52. À ce moment, je suis 78ème en 1h50 de course. Il s'agit du treizième kilomètre de la course. Je profite de ce premier ravitaillement pour manger un peu (jambon de pays, tomme de Savoie notamment). Je donne des nouvelles par SMS à mes proches et je repars.

Partie 2 - Les Toilles - Bionnassay

Après une première partie de course relativement exigeante mais principalement par ses descentes, nous voilà maintenant à l'attaque d'une solide montée. En effet, à présent, se profile le Prarion. Là, un deuxième orage éclate et nous revoici sous la flotte.

Assez vite, nous nous retrouvons dans cette difficulté assez costaude. Nous avons de multiples lacets à parcourir avec une pente assez raide. Le rythme est assez lent mais la montée est très régulière. J'adore ce passage même s'il est particulièrement dur. Souvent, il faut bien lever les jambes pour franchir des roches, les virages sont serrés et le dénivelé est important. Par contre, que la vue est belle. Le panorama qui s'offre à nous vers le Massif du Mont-Blanc est majestueux. Heureusement, à ce moment, la vue est encore assez dégagée. J'en profite.

La montée est longue, nous progressons au ralenti mais c'est très agréable. J'arrive au sommet du Prarion plein de belles images en tête mais voilà que le ciel se couvre encore. Petit à petit, il se charge et c'en est terminé des beaux paysages lointains.

J'attaque la descente en bonne forme. J'envoie pas mal sur cette partie car il y a un peu de boue, moins désagréable pour les pieds et les jambes. Après une montée exigeante plutôt bien gérée, je lâche un peu les chevaux, de sorte de ne pas trop souffrir des cuisses mais en restant sur la retenue pour ne pas trop puiser. Finalement, je déboule assez vite au deuxième ravitaillement. Je retrouve au Bionnassay Clément (Ponpon sur Kikouroù) que j'ai rattrappé au sommet du Prarion et qui prend son temps après un départ assez rapide (alors qu'il n'est que monter au sommet du Mont-Blanc la veille...). Benjamin me rattrappe également, m'indiquant que je l'ai doublé dans la descente alors que je ne m'en suis même pas rendu compte. Mais effectivement, je l'avais déjà croisé aux Toilles d'où il était reparti avant moi. À cet instant de la course, je suis 86ème en 3h54 de course.

Une nouvelle fois, je prends tout mon temps au ravitaillement. Je m'alimente avec de la charcuterie, du fromage, du sucré, du salé. Je varie, afin de ne pas avoir un quelconque manque. Je remplis également ma poche à eau en complétant mon eau plate avec de l'eau gazeuse (pas certain du mélange mais bon, les deux sont de la Cristaline..). Je galère fortement pour envoyer le message à mes proches étant donné l'humidité ambiante mais j'y parviens finalement.

Partie 3 - Le calvaire

Bionnassay - Miage

Après ce deuxième ravitaillement et à l'attaque des premières pentes du Tricot, voilà que je me fais assommer par un gros coup de fatigue. Ce coup de mou m'attaque physiquement et moralement. Je passe dans une phase extrêmement pénible. J'avance comme un escargot, au mental uniquement. Là, je commence sérieusement à douter car c'est très dur. Le temps est maussade et nous grimpons cette très longue montée pour atteindre les 2100 mètres d'altitude. Les longues lignes droites m'épuisent et je laisse du monde passer (coureurs du 60, coureurs de la Moins'Hard et relayeurs). Je suis franchement au ralenti et je subis toute la montée.

Après un gros coup de fatigue en début de montée et un peu de mieux au milieu, la fin est très compliquée. L'horizon se profile mais très doucement. Il reste même un peu de glace dans cette montée. Je rattrappe Clément alors que je n'avance pas et ce dernier me parle un peu de la suite du parcours, ce qui me booste. Lui a décidé de bifurquer sur la Moins'Hard étant donné la lourdeur et la raideur de ses jambes. Un randonneur me passe aussi et me parle un peu, c'est sympa. Dans la tête, je vais plutôt bien mais je suis fatigué physiquement. J'arrivé au sommet rincé et je m'arrête, prenant le temps de respirer et de me reprendre avant l'attaque de la descente. Le randonneur auparavant croisé me propose un abricot sec que je prends volontiers, quel bel esprit ! Je souffle et je m'élance pour la descente.

Cette portion, je l'adore ! Elle correspond parfaitement à ce que j'aime, des lacets qui rendent la descente assez technique. Pas de longues lignes droites, que des accélérations qui précèdent des virages très secs. Je me fais un plaisir fou à naviguer entre les cailloux et les grosses pierres. Je reprends beaucoup de vitesse, du jus et énormément de plaisir. Au loin se profile la tente du troisième ravitaillement et j'y file à toute allure. Je croise pas mal de randonneurs et j'en double également un paquet. Je suis beaucoup mieux dans ces deux kilomètres de descente que dans les six kilomètres de montée qui l'ont précédés. Pourtant, depuis le début de la course, c'est plutôt dans les descentes que je suis le moins à l'aise tandis que je gère tranquillement les montées.

Je m'arrête au ravitaillement pour m'alimenter à nouveau, prendre le temps d'envoyer un message à mes proches comme à chaque fois. Je profite de l'ambiance, je souffle et je repars, bien reboosté. C'est à la sortie du ravitaillement que nous pointons donc je repars en 100ème position après 6h19 de course. Nous n'en sommes qu'au kilomètre 31 mais ma progression est pour l'instant très correcte. Je zappe évidemment la bifurcation vers la Moins'Hard pour continuer sur le 60 que je compte bien terminer. Honnêtement, je ne suis pas confiant à 100% mais cela va beaucoup mieux donc j'espère retrouver l'énergie nécessaire pour venir à bout des environs 30 kilomètres restants. 

Partie 4 - Miage - Trè la Tête

Au sortir du ravitaillement de Miage, nous montons aux chalets du Truc. C'est une petite ascension agréable, pas la plus difficile. Elle passe bien et j'ai nettement retrouvé de l'énergie. Je profite d'un passage météorologique plus clément et comme déjà de nombreuses fois depuis le début de la course, je retire mon coupe-vent détrempé pour me retrouver en tee-shirt. D'ailleurs, je galère un peu à le remettre dans mon sac puisqu'à plusieurs reprises, une manche ou un bout du vêtement en dépasse. Je demande une première fois à quelqu'un de me le remettre bien, ce qu'il fait très gentiment, puis je me débrouille au sommet du Truc pour le ranger à nouveau bien comme il faut mais cela ne suffit toujours pas... Tant pis, je laisse dépasser. Au fond, ce n'est pas si gênant.

Moment particulièrement excellent ensuite avec le passage (à la marche obligatoirement) sur une passerelle au-dessus d'une merveilleuse chute d'eau (peut-on appeler cela une cascade ?). J'ignore si c'est après Truc ou avant, n'ayant plus toute la chronologie en tête mais je tiens à le signifier tant c'est agréable. D'ailleurs, durant la course, nous traversons aussi quelques ponts par-dessus l'eau. Je n'ai pas le temps de rester admirer les paysages, souhaitant avancer, mais c'est juste formidable d'avoir ce type de moments dans une telle course.

(NB : Merci Bubulle, pour la passerelle, elle était en fait dans la partie 3, preuve que je n'étais pas bien, j'en ai perdu des souvenirs ! Une éclaircie dans un sombre moment de la course pour moi)

Après cette chouette portion, j'attaque la montée vers Trè la Tête. En premier lieu, nous devons franchir Combe d'Armancette. Cette fois, la montée est bien plus longue, elle paraît interminable. Comme depuis le début de la course, je continue de faire le yoyo avec certains coureurs dont les têtes m'apparaissent dorénavant très familières. Surtout un certain Ludovic, barbu, que j'ai vu à tous les ravitaillements, que j'ai doublé dans la montée du Prarion avant qu'il ne me dépasse plus tard.

Malgré sa longueur, j'apprécie beaucoup cette difficulté car une nouvelle fois, nous parcourons de nombreux lacets. La montée est très progressive, régulière mais sans énormes pourcentages. Pas de longues lignes droites. En revanche, pas non plus de beaux panoramas. Mais le lieu reste sympathique. Nous avons d'ailleurs pas mal de traversées de ruisseau à passer, toujours le même ruisseau mais à des hauteurs distinctes. Il faut être très vigilant à ne pas glisser sur les pierres sur lesquelles l'on pose ses pieds mais l'eau fait du bien. En bref, j'adore ces passages, même si l'ensemble donne l'impression de ne pas avancer tant l'on n'en voit pas le bout.

Vers le haut de la Combe d'Armancette, voilà un énième orage qui vient nous arroser. J'en profite pour doubler quelques coureurs dont le fameux Ludovic et certains participants du 107km, lorsqu'ils enfilent leurs vestes imperméables. Moi, je n'ai qu'à tirer sur mon coupe-vent pour l'attraper et le mettre par-dessus mon sac à eau. Ensuite, nous nous retrouvons sur un single très intéressant, permettant de bien relancer. Très à l'aise techniquement, Ludovic me repasse mais je conserve un bon rythme avec un bel effort. J'aime beaucoup ces portions assez délicates, où l'on peut accélérer tout en prêtant une ample attention à notre pose de pieds, entre les cailloux, les portions humides et.. le ravin ! Car oui, à notre gauche, c'est un sacré gouffre (NB : À notre droite le gouffre ! À croire qu'au surlendemain de la course, la lucidité n'est pas encore tout à fait revenue !), mieux vaut être lucide et vigilant.

Après cette zone de relance, nous attaquons enfin la montée finale vers Trè la Tête. Nous avons déjà parcouru de nombreux kilomètres, tous très agréables mais parfois bien difficiles. Dans la tête, je suis très bien. C'est long mais c'est bon ! Et physiquement, tout semble répondre assez correctement. Pour cette dernière partie d'ascension, je rattrappe quelques coureurs du 107km qui marchent à un bon rythme, ni trop rapides, ni trop lents. Je me cale derrière eux pour récupérer des efforts fournis jusque là et je suis tranquillement, en me relâchant un peu. Nous avançons en petit groupe, certains coureurs plus rapides nous dépassant parfois mais globalement, nous restons entre nous.

C'est vraiment à un rythme plus tranquille que nous achevons notre périple vers l'Bagnard Kikou qui nous attend au sommet de Trè la Tête. La pluie ne cesse de s'écouler sur nous, si bien que je n'y fais plus vraiment attention. Petit ravitaillement en haut avec des abricots secs et des noix de cajou. Du sucré et du salé, impeccable. J'y arrive en 100ème position, toujours, après 8h57 de course. Je zappe évidemment la bière qui est offerte par les bénévoles présents ici, un classique de la Montagn'Hard. Pas besoin non plus de recharger en eau puisque j'ai profité d'une fontaine d'eau potable un peu avant pour remplir ma poche avec de l'eau fraiche. Petite pause photo et c'est reparti. Nous sommes au kilomètre 43.

Photos par Jérôme Verdier (à Tré la Tête)
Photos par Jérôme Verdier (à Tré la Tête)Photos par Jérôme Verdier (à Tré la Tête)

Photos par Jérôme Verdier (à Tré la Tête)

Partie 5 - Trè la Tête - Les Contamines

Plus courte portion cette fois avec seulement 8 kilomètres pour rejoindre le prochain ravitaillement, plus conséquent. Mais d'après les bénévoles situés au quatrième point intermédiaire, il faut compter deux heures de course étant donné l'humidité de la descente très technique à venir.

Plutôt bien en jambes et assez à l'aise sur ce type de passages rapides et techniques, je fais abstraction de certains conseils (y aller doucement dans la descente, nan mais pfff...). Je suis extrêmement vigilant car les nombreuses pierres/roches sont très glissantes. Sur certaines portions, il est nécessaire d'y mettre les mains pour descendre avec précaution (n'ayant pas de bâtons) et il faut redoubler d'attention par rapport à l'état du terrain. Cependant, j'envoie quand même un peu du pâté ! Des lacets bien pentus avec pleins de chouettes virages, c'est juste ce que j'aime le plus ! Je vais vite et je croise du monde (randonneurs ou coureurs que je dépasse). Rapide discussion avec des coureurs qui y vont avec le frein à main et l'un d'eux me suit pendant quelques dizaines de mètres, tenté d'accélérer un peu en me voyant dévaler la pente.

Je ne suis pas un excellent descendeur mais quand je prends du plaisir et que les jambes répondent bien, je peux assez bien me débrouiller, je pense. En tout cas, je sais que j'avance bien sur cette partie. 4 kilomètres de véritable descente, dont une bonne partie en sous-bois très humide et technique, j'apprécie. La fin de la descente est en revanche un peu moins agréable. Nous parcourons de plus longues lignes droites, croisons pas mal de personnes mais c'est moins motivant. Au moins, quand c'est technique, je me sens bien et j'ai l'impression que les kilomètres défilent rapidement. Là, c'est long et pénible. Et que dire de la suite...

Les quatre derniers kilomètres menant aux Contamines-Montjoie à partir de Notre-Dame-de-la-Gorge sont quasiment plats... Pfiou, le coup au moral ! J'étais bien, engagé à fond dans ma descente et là, le mur. Pas une montée, non non, du plat ! Mais que c'est long ! Là, ceux que j'ai dépassé dans la descente ou ceux qui s'en sont également bien sortis, me passent. Dépité, je marche. Je tente de vaines relances mais c'est trop ennuyant pour moi. Vivement que cela remonte...

Ces quatre kilomètres me paraissent simplement interminables. Ce n'est pas dur physiquement mais psychologiquement, c'est terrible. Et je sens bien que je ne suis pas le seul avec ces pensées. C'est clairement la portion la plus affreuse du parcours pour moi. Mais il faut bien traverser la vallée pour rejoindre la fin du parcours. Bref, je souffre à ne pas avancer, à trottiner comme si je faisais un footing en étant lessivé. Et après de très longues minutes de galère, ouf, j'arrive au ravitaillement des Contamines. 1h24 pour descendre de Trè la Tête soit bien moins que la prévision donnée au sommet mais il faut dire que la descente en elle-même a été très rapide. En revanche, que j'ai traîné après N.D de la Gorge ! Je pointe en 97ème position après 10h21 de course.

Au ravitaillement, pâtes et soupe sont proposés ! Pour moi, ce sera plutôt du classique, un peu de charcuterie et de fromage, de mémoire, du salé et du sucré sans doute et avant de repartir, un thé au citron ! Je croise une énième fois Benjamin, qui m'indique qu'il a 53 kilomètres à sa montre (contre 51 annoncés pour ce point intermédiaire). Pour moi, il reste 9 kilomètres mais un bénévole nous en indique encore 12 à faire et près de 3h00 de course pour arriver. Bon, de toute manière, c'est la dernière portion et elle durera ce qu'elle durera...

Partie 6 - Les Contamines-Montjoie - Bifurcation 60/107km

Ouf, je pars enfin à l'assaut de la dernière difficulté du parcours. Je sais que ce sera dur mais je suis encore bien, nul doute que je terminerai la course. Je repars du ravito avec mon thé à la main et je le consomme tranquillement en marchant. Je dépasse alors la quatrième féminine du 60 kilomètres, que je ne reverrai pas ensuite.

Une fois ma boisson chaude avalée, je relance un peu avant que ne débute l'ultime grimpette de la journée. Et là, c'est du très costaud. Je crois qu'il s'agit des pentes les plus raides du tracé. Tout le monde avance très doucement, en gestion. L'impression d'être un escargot.. Et pour autant, je dépasse pas mal de coureurs du 107 kilomètres. J'avance quand même assez bien malgré la difficulté notable de cette montée vers Les Roches.

C'est long, c'est compliqué mais je savoure car après, ce sera la dernière ligne droite pour rejoindre l'arrivée. Dans cette partie couverte où nous sommes tous dans la même galère, je conserve un bon rythme. En revanche, arrivé plus en haut où c'est davantage découvert, je laisse filer quelques coureurs qui avancent mieux que moi. Tant pis, le classement n'a pas d'importance, l'essentiel est ailleurs (même si cela aurait peut-être été différent si j'avais su que je jouais le top 100...).

Ça y est, j'aperçois le chalet près duquel se situe la bifurcation ! Bon, le chemin est là encore assez long puisque nous avons quelques lacets à parcourir, chacun constituant des lignes droites bien plus longues qu'au Prarion ou qu'à la Combe d'Armancette. Mais c'est la fin alors qu'importe ! Je prends mon temps mais je vais y parvenir, je continue d'ailleurs de doubler des participants du 107km qui sont sur le point d'attaquer l'ascension du Mont Joly (2500 mètres d'altitude). Il leur reste de nombreuses heures de course dont une nuit à passer sur le parcours alors ce qu'il me reste à endurer est assez ridicule à côté.

Allez, un dernier effort et le soulagement d'arriver en haut. Je pointe à la 101ème place après 12h15 de course et pas moins de 56 kilomètres parcourus.. sans oublier les 5000 mètres de dénivelé positif désormais franchis !

Partie 7 - La der des ders !

Bifurc 60/107 - Arrivée à Saint-Nicolas-de-Véroce

Il est 19h17 quand je bascule sur la droite à la fameuse bifurcation. À gauche, le Mont Joly avec son intense brouillard et toutes les difficultés qui s'ensuivent pour encore plus de 50 kilomètres de course. À droite, 4 kilomètres de descente pour atteindre le village-arrivée. Engagé sur le 60 kilomètres, je n'ai pas besoin de choisir, ouf, je peux filer vers le final ! Et en toute logique, je vais arriver avant la tombée de la nuit même si j'ignore tout à fait l'heure qu'il est à ce moment.

Cette ultime portion débute avec un peu de plat sur de l'herbe. Je marche, oscillant entre la saveur du final d'une telle course et la fatigue. Et puis dès que cela descend ne serait-ce qu'un petit peu, les cuisses m'alertent. Cela fait un moment que les jambes sont à la limite des crampes et clairement, je commence à être dans le dur physiquement. Je continue de bien m'hydrater et j'essaie de relancer.

Après quelques dizaines voire centaines de mètres à allure d'escargot, je me fais rejoindre par Jean. Je ne le connais pas, il ne me connait pas, mais il s'arrête à mon niveau. L'on discute et il fait tout pour me pousser à recourir, à terminer de belle manière. De longues minutes à discuter, en relançant progressivement, un super échange qui me fait un bien fou et me permet de bien finir.

Du coup, nous repartons à une allure correcte pour attaquer les pentes assez raides de la fin du parcours. La descente est très pentue, mes cuisses n'en peuvent plus. C'est la tête qui fait avancer le corps. Jean prend quelques mètres d'avance et m'encourage à le suivre. Il me dit qu'il est 20 heures moins 10 et veut que l'on finisse avant 20h00. Il veut même dans un premier temps que je finisse devant lui car il a passé la course derrière moi mais très nettement, il est désormais bien plus à l'aise que moi et descend beaucoup plus vite avec ses bâtons qui le soulagent. Je tiens à ce que la logique soit respectée et ne veux pas le retenir. Je tâche cependant de le suivre à distance mais sans chercher à faire mieux car mes jambes sont à bout.

Un autre coureur finissant fort nous double dans cette descente puis nous finissons par approcher très nettement de l'arche d'arrivée. Derniers efforts, je souffre dans les descentes et un faux-plat descendant pour finir à bloc ! OUI ÇA Y EST, JE L'AI FAIT ! Je suis finisher du 60 kilomètres de la Montagn'Hard !! Ravi, soulagé mais aussi complètement crevé.

J'arrive à 19h54 soit après 12 heures 52 minutes et 47 secondes de course. J'ai bouclé les 60 kilomètres et 5000 mètres de dénivelé positif de cette fabuleuse course à la 103ème position, 1er espoir puisque seul engagé dans ma catégorie.

(Sur le 107km, ils étaient 3 espoirs inscrits, 2 partants, aucun arrivant)

Je demeure lucide, je bavarde briévement avec ceux que j'ai croisé pendant la course, l'on se félicite mutuellement et je savoure, sans être trop conscient de ce que je viens d'achever, qui n'est pas grand chose par rapport à ceux que d'autres sont capables de faire mais qui est pour moi déjà un sacré accomplissement. Je suis en plus parfaitement dans mon objectif (12-14h, avant la tombée de la nuit).

L'après course

Une fois arrivé, je me pose un instant, je grignote rapidement puis j'essaie de trouver un moyen de rentrer au logement dont j'ai la clé. Heureusement, un bénévole prend à ce moment-là sa pause et me redescend généreusement sur Saint-Gervais, le pied !

J'arrive peu avant 21h00 au studio, la descente de quelques mètres est juste un calvaire mais je parviens à rentrer (je crois que j'ai quand même fait un peu plus compliqué dans la journée). Je savoure une douche bien chaude, hyper agréable, me permettant de me décrasser. J'ai les jambes remplies de terre, comme d'habitude, ayant une certaine tendance à y aller gaiement dans la boue (pour soulager les cuisses en descente, c'est utile n'empêche !). J'ai le dessous des pieds totalement frippé tant ils ont pris la flotte pendant plus d'une dizaine d'heures. Je suis claqué mais bien !

Ensuite, le match Allemagne - Italie me regarde (oui oui !) pendant que j'envoie des messages à mes proches et que je poste mon retour à chaud sur Facebook et Kikouroù... Puis je vais me coucher avant même la prolongation, après avoir eu des nouvelles de Ludovic qui devrait rentrer entre 01h00 et 02h00 étant donné qu'il abandonne au Bolchu (kilomètre 73).

C'est effectivement le cas puis suit une nuit forcément courte et compliquée. Dimanche matin, le réveil n'est pas trop difficile, je suis plutôt en forme mais les jambes sont hors service. Les courbatures sont déjà là et légèrement imposantes !

Vers 08h30/09h00, nous passons avec Ludovic à la piscine dont l'eau est chauffée à 29°C. Il fait très beau, c'est juste un instant magique. Je dérouille mes jambes en faisant quelques toutes petites longueurs mais que cela fait du bien. Ensuite, il est temps de se préparer pour le retour, rangement des affaires et passage en boulangerie pour grignoter un bout avant de retourner à Saint-Nicolas pour le repas d'après course.

Nous y retrouvons comme d'habitude pas mal de kikoureurs et de bénévoles. Concombre et tomates, je savoure ! En revanche, tartiflette avec oignons... C'eût été si bien sans !! Salade de fruits, un peu d'eau et maintenant, plus qu'à attendre Nicolas qui continue d'avancer sur le 107km. Il sera finisher !

Et effectivement, il en termine peu avant 15h00, 91ème sur 95 (alors qu'il était dernier depuis le Bolchu et les abandons de ses poursuivants). Un gros coup de chapeau à lui, 34 heures d'effort pour boucler 107 kilomètres et 8800 mètres de dénivelé positif, c'est fort !

Dans la foulée, la remise des récompenses de 15h00 débute et je suis appelé le premier pour mon succès dans la catégorie espoirs. Pas bien difficile dans le sens où je n'avais pas d'adversaires mais en revanche, une vraie récompense pour moi afin de rendre concret mon titre de finisher de la course.

Remise de la médaille de 1er espoir (photo par Élisabeth)

Remise de la médaille de 1er espoir (photo par Élisabeth)

Très bref bilan (promis) !

Il y a tant de choses à dire sur ce genre de week-end incroyable ! Mais pour faire très simple, je suis extrêmement ravi d'avoir atteint mon objectif de la saison. J'ai réalisé mon défi personnel de 2016 en venant à bout d'une course très exigeante pour une personne comme moi qui court finalement relativement peu par rapport aux autres participants. Je n'ai pas l'habitude du dénivelé non plus, ni de l'altitude. C'est donc avec une certaine fierté que je suis content d'avoir terminé ces 60 kilomètres et 5000 mètres de dénivelé positif en moins de 13 heures (12h52'47). Je suis 103ème sur 193 finishers, sur 211 partants et 276 inscrits. Enfin, je finis 1er espoir.

Je n'ai douté qu'à un seul moment de la course, n'ayant pas eu le moindre problème ni d'hydratation, ni d'alimentation, ni physique (pas de douleur). Les jambes ont souffert mais je n'ai eu peur que de crampes que j'ai pu éviter (le moindre appui sur un cailloux me faisait avoir des crampes aux doigts de pied mais je n'ai pas eu la moindre crampe à la cuisse alors que j'étais clairement à la limite). C'est entre le kilomètre 23 et le kilomètre 29 que j'ai vécu mon pire moment avec un gros coup de fatigue sur le début et la fin de l'ascension du Tricot, finalement heureusement sans conséquence sur la suite de ma course.

 

Remerciements

Là encore, je pourrais faire assez long mais je vais éviter de faire une liste de peur d'oublier des personnes. Je vais juste nommer les personnes que je ne peux pas ne pas citer.

D'abord, un immense merci à Olivier et toute l'organisation qui l'entoure, pour cette course splendide. Des bénévoles vraiment parfaits, en amont de la course, aux ravitaillements et même après la course. Un vrai très grand coup de chapeau à tous car le balisage a été parfait pour moi, le parcours magnifique (avec des portions incroyables, le seul regret étant du à la mauvaise météo mais l'orga n'y est pour rien !).

Ensuite, un grand merci à Frédéric et Benjamin qui m'ont emmenés à l'aller, le premier au volant et bien plus rapide que moi dès les premiers kilomètres du 60, et le deuxième que j'ai croisé à de nombreuses reprises pendant la course, de façon très agréable. De même pour Ludovic avec qui j'ai partagé ce logement impeccable pour ces deux nuits sur place. Une rencontre très agréable avec un sacré coureur qui je l'espère bouclera cette année la Diagonale des Fous à la Réunion. Et enfin, un très grand merci à Nicolas et Stéphane pour le trajet retour. Nicolas ayant bouclé le 107 kilomètres en milieu d'après-midi, ils se sont tous les deux relayés pour lui permettre de souffler donc encore merci pour m'avoir ramené chez moi dans ces conditions !

 

À côté de cela, un merci particulier à l'ensemble de la communauté Kikouroù, que ce soit tous ceux que j'ai croisé durant le week-end, tous ceux qui ont animé le suivi live sur le forum ou encore ceux qui m'ont félicité pour ma performance. C'est juste une superbe source de motivation.

Pareillement, un merci à tous les coureurs que j'ai pu croiser au fil de ces 60 kilomètres, avant même la course ou encore après. Pas mal d'échanges, souvent brefs mais très amicaux. Ce genre d'ambiance de course, c'est juste génial.

Idem pour tous les spectateurs qui nous ont encouragé sur le parcours, cela booste. Même les randonneurs qui nous demandent ce à quoi l'on participe en cours de course et tous ceux qui nous laissent très gentiment passer aux moments où l'on se permet d'aller un peu plus vite qu'eux.

Et pour conclure, un grand merci à mes proches qui m'ont encouragé avant, pendant et après la course. J'ai envoyé des messages à quatre personnes à chaque point de ravitaillement, je n'ai qu'aperçu leurs réponses et encouragements pendant la course, me concentrant sur ce qu'il me restait à faire mais ce soutien à distance est un vrai plus dans un tel défi.

 

Et à présent, vivement la prochaine.... !!

Photo d'après podium par Élisabeth (merci !)

Photo d'après podium par Élisabeth (merci !)

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